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LPO Touchard Washington

Historique

Récit datant de 1999 de M. CLOUSIER, intendant de 1951 à 1971

Par admin touchard-washington, publié le lundi 9 janvier 2017 11:25 - Mis à jour le lundi 9 janvier 2017 13:32

 

 

 

 

 

 

Récit de M Roland Clousier qui nous dit :

Les américains occupent la caserne qui abrite des prisonniers allemands. Au fur et à mesure du départ des prisonniers, les bâtiments sont abandonnés par l'armée. Un centre d'apprentissage est créé, il s'installe dans un hangar, rue Cavaignac. Le directeur, Monsieur Vayer, investit les bâtiments abandonnés de la caserne.
Monsieur Collet, ancien résistant, instituteur chargé de la classe de préparation à l'entrée à l'école pratique devient maire du Mans en septembre 1945.
Monsieur Vayer informe son ami Collet qu'il a pris possession de certains locaux de la caserne Cavaignac. Monsieur Collet dit à son ami: "Tu es fou, on va avoir les pires ennuis!" Toutefois, Monsieur Collet n'ayant jamais eu auparavant de responsabilités municipales, demande à examiner le budget de la ville. Il s'aperçoit alors que la ville du Mans assure les locaux de la caserne Cavaignac. Il fait rechercher l'origine de cette situation et ses services retrouvent l'acte royal signé de Louis XVI. Comme l'armée a abandonné la caserne et que celle-ci est propriété de la ville, le maire décide de l'affecter d'une part au centre d'apprentissage, d'autre part à la section commerciale de l'école pratique qui s'y installe en avril 1947.

La section industrielle rejoint les locaux Cavaignac en août 1951.
Par décret en date du 15 mars 1951, le collège technique à gestion municipale est nationalisé le 1er octobre. Il forme avec le centre d'apprentissage ce qui a été appelé: "groupe technique Cavaignac".
Monsieur Magot, ingénieur des arts et métiers et chef de travaux au collège technique de Cherbourg est nommé directeur du groupe technique. Monsieur Vayer reste directeur du centre d'apprentissage, à égalité de fonction avec Monsieur Dupont, directeur des études du collège technique. Monsieur Jolivet, ancien répétiteur à l'école nationale professionnelle de Vierzon est nommé surveillant général. Moi-même, venant également de Vierzon suis nommé sous-intendant faisant fonction d'intendant.
Nous accueillons alors 699 élèves : 312 en section industrielle, 387 en section commerciale. Parmi eux : 130 internes.

 

Construction des nouveaux locaux

La décision est prise en 1956. Un crédit de 1 milliard 100 millions est attribué en janvier 1957.

L'établissement est prévu pour 1810 élèves dont 580 pour le centre d'apprentissage. Les travaux débutent le 1e avril 1958.
Monsieur Chapalain, maire du Mans abandonne la maîtrise de l'œuvre à l'État. De ce fait :

- Le directeur du groupe technique devient "maître d'œuvre";
- L'intendant est le comptable de l'opération;
- Messieurs Pierre Vago, Levasseur, Goussin et Savin sont les architectes désignés.

Le gymnase a été le premier construit. Pour donner à l'intérieur un maximum de luminosité, il a été utilisé un produit inventé par Monsieur Sortais, professeur de physique à l'Ecole Normale du Mans: il s'agit de plaques en plastimaille (grillage losangé inclus dans une matière plastique.) Au début, la construction s'est déroulée sans problèmes majeurs. Monsieur Magot participant aux rendez-vous de chantier, les architectes et les entrepreneurs ont pris en compte les modifications suggérées: le doublement des cloisons des murs entre les classes, l'aménagement de placards à balais sous les escaliers par exemple. La cohabitation entre les élèves et les ouvriers a posé parfois quelques problèmes A chaque rentrée scolaire, nous avions l'obligation d'investir les nouveaux locaux.

Un pour cent des crédits alloués devait être utilisé pour la décoration. C'est ainsi que furent payées les fresques des foyers et de l'entrée ainsi que la sculpture placée dans la cour, côté Boulevard Paixhans. Il avait été envisagé de demander à un sculpteur célèbre, Belmondo, le père de Jean-Paul, de créer une sculpture pour la cour d'honneur. Monsieur Magot, Monsieur Levasseur et moi-même sommes même allés voir Belmondo dans son atelier à Paris. Comme le groupe technique était mixte, il nous a proposé de sculpter un garçon et une fille se tenant par la main ce qui nous a semblé une excellente idée. Mais Monsieur Vago qui était l'architecte en chef (il était aussi le secrétaire général de l'ordre international des architectes et un des architectes de l'église souterraine de Lourdes) a préféré et obtenu la commande d'un monument en métal désigné sous le vocable de " Entre-deux mondes n°4 " créé par l'italien Berto Lardera.

Monsieur Magot et de nombreux professeurs n'ont absolument pas apprécié cette œuvre qui leur semblait rouillée. Monsieur Magot, ne supportant pas d'avoir sous les yeux ce monument lorsqu'il était dans son bureau, a même fait planter un rideau d'arbres afin de ne plus le voir...ce qui n'a pas été du goût des Beaux-arts qui nous ont obligés à les arracher!... Monsieur Deketlaer, chef des travaux n'aimait pas non plus cette œuvre. Pour sa retraite et pour le taquiner, les professeurs de la section chaudronnerie lui ont offert une réplique miniature en cuivre martelé de l'Entre deux mondes n°4.qu'ils avaient réalisée. A la surprise générale, cette réalisation s'est révélée être très esthétique et Monsieur Deketlaer l'a précieusement conservée.

 

 

Le bâtiment de l'horloge a soulevé un problème épineux. En effet, ce bâtiment n'était pas classé par les Beaux-arts mais inscrit à l'inventaire et il se trouvait de plus dans le périmètre protégé de l'église de la Mission, qui elle était classée. Les Beaux-arts voulaient donc le conserver. Il n'était pourtant pas envisageable de garder un bâtiment vétuste avec un seul escalier et des murs très salpêtreux. Nous avons donc attiré l'attention sur ce problème et obtenu la visite de personnalités telles que le recteur, les inspecteurs généraux des bâtiments de France et ceux de l'Education Nationale. La démolition du bâtiment a fini par être acceptée et effectuée en 1962 mais tout cela a retardé de deux ans environ les travaux de reconstruction.

 

 

 

 

 

Les locaux ont été inaugurés en 1964 par Christian Foucher, ministre de L'Education Nationale. Il remit à cette occasion la légion d'Honneur, au chef d'établissement, Monsieur Magot qui l'avait bien méritée.
Trente cinq ans se sont écoulés depuis la fin de ces travaux. Nous sommes en 1999 et la restructuration de ces établissements commence...

Roland Clousier, intendant de 1951 à 1971

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