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LPO Touchard Washington

Historique

Anciens élèves morts pour la France

Par Pierre Delahaye, publié le vendredi 10 février 2017 16:43 - Mis à jour le samedi 11 février 2017 12:42

Le Lycée polyvalent Touchard-Washington conserve sous la forme d'une plaque commémorative le souvenir des Anciens élèves morts pour la France au cours de la Première et la Deuxième Guerre mondiale, des écoles qui l'ont précédé.

Le Lycée polyvalent Touchard-Washington a succédé depuis 1882 à l'Ecole Supérieure et Professionnelle et Pratique du Commerce et d'Industrie du Mans puis au Collège Technique du Mans. Il en conserve sous la forme d'une plaque commémorative le souvenir des Anciens élèves morts au cours de la Première et la Deuxième Guerre mondiale.

 La plaque commémorative recense les anciens élèves morts des deux écoles qui se sont succédées. Les morts sont beaucoup plus nombreux pour la Première Guerre Mondiale que pour la Deuxième. Alors que les écoles apportaient une formation technique à des élèves ayant le certificat d'étude, il est surprenant de constater que la mobilisation de ces capacités techniques sont très peu présentes lors de la Première Guerre Mondiale et beaucoup plus lors de la Deuxième.

Pour la Première Guerre Mondiale, les anciens élèves meurent avant tout comme fantassins, le fusil à la main, lors d'un assaut, ou écrasés par les obus au fond de leurs tranchées de première ligne. Ils appartiennent à des Régiments d'Infanterie (RI), des Bataillons de Chasseurs (Bat de Chasseurs) ou des Régiments de Zouaves de l'armée d'Afrique (R. Zouaves) voire d'un Régiment de Marche de Tirailleurs. Ils appartiennent plus rarement à des unités où sont valorisées les savoir-faire et connaissances techniques: Régiments d'Artillerie de Campagne (RAC), Régiment d'Artillerie Lourde (RAL), Régiments du Génie, Escadrilles d'aviation.

Pour la deuxième guerre mondiale, il en est tout autrement. Ils meurent beaucoup comme mécaniciens ou électriciens alors qu'ils ont en charge des machines (bateaux, canons, automobiles, avions). La guerre a changé de nature, avec un machinisme de mort qui devient prépondérant. C'est aussi dans ce nouveau contexte qu'est apparue l'horreur des camps de concentration et d'extermination qui a également concerné les anciens élèves.

 

Anciens élèves morts pour la France - 1914-1919

Ecole Supérieure et Professionnelle et Pratique du Commerce et d'Industrie du Mans
 

Année 1914

L'année 1914, après l'euphorie meurtrière du mois d'août, voit l'armée française se replier depuis le nord de la France tant bien bien que mal jusque sur la Marne. L'offensive de la Marne en septembre conduira à la mise en place frénétique d'un front continu des Flandres aux Vosges. Les anciens élèves de l'école paient un lourd tribut en Belgique et en Lorraine au mois d'août avant le redressement de la Bataille de la Marne puis jusqu'à la fin de l'année en Champagne, dans la Somme et de nouveau dans les Flandres.

 

Année 1915

En 1915 les Anciens Elèves, mourront essentiellement en Champagne lors des deux offensives de février et de septembre, qui ont coûté beaucoup de vies pour bien peu de résultats, si ce n'est l'illusion meurtrière que la prochaine fois en s'organisant mieux et en y mettant plus de moyens on parviendrait à percer le front.

 

Année 1916

En 1916, les anciens élèves tomberont à Verdun et sur la Somme. A Verdun nous retrouvons des toponymes qui resteront longtemps terribles: la côte 304, Vaux, Fleury, Douaumont. Puis il participeront à la folle et vaine bataille de la Somme tant préparée du côté français conjointement avec les Anglais.

 

Année 1917

En 1917, les anciens élèves échappent aux offensives de Champagne et du Chemin des Dames mais tombent dans des secteurs devenus secondaires ou de moindre activité comme le secteur de Verdun.

 

Année 1918

En 1918, la longueur de la guerre se fait sentir par la diffusion des maladies et épidémies. La grippe espagnole, variante très virulente du virus H1N1, fera beaucoup de morts. Les traités de paix entre Allemands et Bolcheviques permettent aux Allemands de concentrer leurs forces sur le front français et de hâter leur dernière offensive,  l'offensive Michael, au printemps et à l'été. Plusieurs anciens élèves y perdront la vie.

 

Année 1919

Le 11 novembre 1918 arrête les combats mais pas pour autant les décès. La France a aussi pris la décision de soutenir les Russes blancs dans la guerre civile russe. Un ancien élève est ainsi porté disparu dans la défense du port d'Odessa par l'armée française contre les Bolcheviks.

 

Anciens élèves tués au cours de la Première Guerre mondiale pour lesquels la notice de décès manque

 

 

Anciens élèves morts pour la France - 1939-1946

Collège Technique du Mans

 

Septembre 1939 - Août 1940

La première année de guerre se traduit pour la France par une défaite, celle de juin 1940. Les anciens élèves meurent dans des situations différentes qui ne sont pas majoritairement celles du combat. On les trouve sur les navires de guerre de la flotte française qui sont un enjeu important lors de la défaite. Notamment, l'un d'entre eux périt dans le combat fratricide qui oppose la flotte de guerre française à la flotte de guerre anglaise à Mers-el-Kébir.

 

Août 1940 - Août 1944

La période de l'occupation sera aussi celle de la participation du Gouvernement de Vichy au Génocide. Trois élèves sont ainsi déportés à Auschwitz pour y être exterminés.

 

Août 1944 - Février 1946

Dans la dernière phase, après le débarquement et la réinsertion de la France dans le camps des alliés par le général De Gaulle, les anciens élèves meurent dans les Forces françaises libres. Ils n'apparaissent pas dans la 1ère Armée qui combattra en Allemagne. Un certain nombre de résistants, sans doute arrêtés juste avant la Libération, seront également déportés dans des camps de la mort, où ils mourront.

 

Anciens élèves tués au cours de la Deuxième Guerre mondiale pour lesquels les informations manquent

 

Méthodologie:

 Le site du Ministère de la Défense, Mémoire des Hommes, permet de faire des recherches sur ces anciens élèves ayant bénéficié du qualificatif "Mort pour la France". Elle permet de retrouver pour de beaucoup de combattants des notices de décès et les Journaux de Marche et d'opérations des unités auxquels ils appartenaient.

Identifier les bons combattants: La difficulté consiste à éviter les risques d'homonymie et d'incertitude quand les élèves ne sont pas originaires de la Sarthe. Dans ce cas là, la date d'entrée dans l'école est précieuse, indiquant l'âge de 13 ans après le passage du Certificat d'Etude, et permettant de valider la date de naissance. Il ya un peu plus de risques d'erreurs concernant les combattants de la deuxième guerre mondiale, les fiches ne recensant pas les lieux de conscription ou d'enregistrement du décès.

Les Journaux de Marche et d'Opération sont de facture inégale dépendant de l'officier narrateur. Certains peuvent-être émouvants. D'autres sont très froids et factuels. Ils permettent toutefois pour la Première guerre mondiale, quand ils ont été conservés de préciser les circonstances des décès.

Voir également le site dédié aux déportés juifs de la Sarthe

Pierre Delahaye

Proviseur-Adjoint

Avril 2016

 

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